Le plus grand tsunamie du monde peut-il frapper à nouveau ?

524 mètres. Pas la hauteur d’une falaise, ni celle d’un gratte-ciel futuriste : la taille de la vague qui a frappé la baie de Lituya, en Alaska, en 1958. Ce jour-là, un pan entier de montagne s’est effondré dans les eaux, projetant un mur liquide sans équivalent connu. L’événement, unique dans les annales des catastrophes maritimes, continue de hanter chercheurs et riverains. Car ce n’est pas un tsunami « classique » qui a déferlé alors, mais un mégatsunami, un monstre à part, plus rare, plus brutal, plus difficile à prévoir.

Les conditions derrière un mégatsunami dépassent de loin les scénarios habituels des séismes sous-marins. Aujourd’hui, la recherche se penche sur la possibilité qu’un tel cataclysme puisse se reproduire, et tente d’identifier les régions du globe les plus menacées par ce type d’explosion naturelle.

Comprendre la puissance des tsunamis et mégatsunamis : origines, mécanismes et exemples marquants

Quand on parle de tsunami, on pense à la force implacable d’une vague qui vient tout balayer sur son passage. La cause ? Souvent un séisme sous-marin, un glissement de terrain, ou parfois la chute d’un volcan. La plupart du temps, ces tsunamis prennent naissance à la suite d’un tremblement de terre d’une violence extrême sous le Pacifique, ou d’un effondrement massif, comme celui qui a transformé la baie de Lituya en théâtre d’épouvante en 1958. Ce jour-là, la montagne a basculé, des millions de tonnes de roche ont plongé dans la baie, et une vague dépassant les 500 mètres s’est dressée en une fraction de seconde.

Mais il y a les mégatsunamis, bien plus rares encore, qui se démarquent par leur hauteur démesurée. Qu’il s’agisse de la vague géante de Lituya ou d’événements plus récents comme le tsunami de Sumatra en 2004, ou celui de Papouasie-Nouvelle-Guinée en 1998, tout dépend de la violence initiale : séisme exceptionnel, effondrement soudain de terrain, ou glissement de masses entières sous la mer.

Pour mieux comprendre, revenons sur quelques événements qui ont marqué l’histoire :

  • En Alaska, la baie de Lituya a vu surgir une vague de 524 mètres, après un gigantesque glissement de terrain.
  • En 2004, un séisme de magnitude 9,2 au large de Sumatra a généré une vague allant jusqu’à 30 mètres sur certaines côtes.
  • En 1998, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, un glissement de terrain sous-marin a provoqué des vagues de plus de 15 mètres.

D’autres régions gardent aussi un œil ouvert : la Méditerranée, le nord-ouest du Groenland, les îles Canaries. Ces territoires pourraient, un jour, être le théâtre d’un méga tsunami. La densité des populations côtières ajoute à l’inquiétude. Les chercheurs poursuivent leur veille, analysant chaque tremblement de terre, chaque mouvement de terrain sous-marin, cherchant à mieux cerner les menaces qui planent sur les littoraux.

Jeune femme lisant panneau d’évacuation tsunami

Peut-on vraiment anticiper et limiter les conséquences d’un tsunami dévastateur à l’avenir ?

La question taraude autant les scientifiques que celles et ceux qui vivent au bord de la mer. Face à l’imprévisibilité et à la force des tsunamis, les moyens d’action restent serrés. Pourtant, les progrès sont visibles. Aujourd’hui, les réseaux de surveillance sismique, comme ceux de l’USGS aux États-Unis, traquent en continu la moindre vibration sous les eaux. Les systèmes d’alerte transmettent désormais des messages en quelques minutes, parfois avant même que la vague n’atteigne le rivage.

L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon en 2011 a poussé les autorités à réviser leurs dispositifs. Même la Méditerranée, réputée plus calme, n’est pas ignorée. Plusieurs scénarios ont été modélisés, simulant les conséquences d’un tsunami en Méditerranée jusqu’aux côtes de France. La baie de Lituya et l’Alaska figurent toujours parmi les zones suivies de près, en tenant compte des tremblements de terre passés et des risques d’autres glissements de terrain.

Voici comment s’organise la prévention dans les territoires exposés :

  • Détection automatisée des séismes sous-marins
  • Transmission rapide des alertes à la population concernée
  • Élaboration de plans d’évacuation pour les ports et les zones côtières

Malgré tout, la surveillance ne garantit pas une sécurité totale. Il subsiste toujours une part d’incertitude, surtout lors d’un glissement de terrain soudain ou d’un séisme atypique. Face à l’imprévu, la préparation reste le meilleur rempart : exercices, signalétiques, simulations, tous ces outils visent à réduire la vulnérabilité de chacun, de Paris jusqu’aux plages les plus exposées.

Un mégatsunami comme celui de 1958 peut sembler relever de l’exception. Mais la nature n’a pas dit son dernier mot. Le souvenir de Lituya flotte toujours au-dessus des océans, et rappelle que la prudence, elle, ne prend jamais de vacances.

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